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Les bons mots Lyonnais
C'est mal fait d'arriver à la fin de sa vie juste au moment où on commence à savoir vivre.
Un peu de vocabulaire :

Connaissance s. f.: Intelligence, esprit vif.

 

 

 

Nous sommes le 06/07/2008
Tony Garnier  

Le plus fameux architecte de Lyon.
Moderniste, utopiste, inspiré par Zola et l'Antiquité Méditerranéenne, c'est lui qui, pendant une trentaine d'années, entre 1904 et 1934, va signer la plupart des grandes réalisations architecturales de la ville.

Portrait :
Quand éclate le premier conflit mondial, l'architecte Tony Garnier à 45 ans. Il est alors dans la force de l'âge et dans la plénitude de son art. sa carrière a commencé une dizaine d'années plus tôt.

En 1904-1905, il a réalisé la Vacherie du parc de la Tête-d'or, puis lancé à partir de 1906, le vaste chantier des abattoirs et du marché aux bestiaux de La Mouche (travaux terminés en 1928), et à partir de 1910, celui de l'hôpital de Grange-Blanche (achevé en 1933). Professeur à l'école d'architecture de Lyon, il a conçu en 1913-1914 l'usine Mercier et Chaleyssin, et en 1914 le stade athlétique de Gerland (terminé en 1926). Entre-temps, il a dessiné et construit pour son propre compte deux villas-ateliers à Saint-Rambert.
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Pour comprendre cette oeuvre moderniste, où les citations du passé se mêlent à un imaginaire qui lui est propre, il faut approcher l'homme et le restituer dans l'époque.
Tony Garnier est né à Lyon en 1869, rue Rivet, parmi les ouvriers et les artisans tisseurs de la Croix-rousse (son père est dessinandier, c'est-à-dire dessinateur sur étoffes). Après ses études secondaires, le jeune Tony bénéficie d'une bourse, et à 20 ans, monte à Paris pour s'inscrire à l'école des Beaux-arts. En dépit de ses dons pour le dessin, il devra présenter six projets successifs avant d'obtenir le Grand-prix de Rome en 1899.

Pendant son séjour romain à la Villa Médicis, Tony Garnier se passionne pour l'architecture classique tout en rompant avec les pratiques académiques et avec le cursus traditionnel d'un Grand-prix de Rome. Au lieu de se livrer à des relevés d'architecture antique, il élabore à partir de 1901 un modèle d'urbanisme totalement novateur : "la Cité industrielle".
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Avant Le Corbusier, qui reconnaîtra plusieurs fois sa dette envers son aîné, Tony Garnier imagine une cité fonctionnelle, avec séparation et hiérarchisation des voies de circulation (cheminements piétonniers, axes routiers) et des fonctions (locaux industriels, lieux d'habitation), intégration de la nature dans l'urbanisme, vision prospective de l'extension de la cité, recherches sur la lumière... Une autre caractéristique de cette architecture dépouillée, audacieuse, est de faire appel au béton armé, traité comme un matériau noble.
Nourri des oeuvres de Zola et des idées progressistes et humanistes de son temps, Garnier est convaincu que l'architecture peut et doit faire le bonheur des hommes, qu'elle a le pouvoir d'exalter les vertus de la société et d'étouffer ses vices et perversions. Le spectacle de la guerre de 1914-18 brisera chez lui, comme chez beaucoup d'idéalistes, ce bel élan utopiste. Et l'indifférence ou l'incompréhension, de ses contemporains lui feront définitivement ranger dans ses cartons en 1917, le projet qui l'a si longtemps habité. Par la suite, au gré de ses travaux, il expérimentera, de manière toujours fractionnelle, tel ou tel élément de sa cité idéale, mais sans pouvoir matérialiser la cohérence de sa vision.
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A l'issue des grands chantiers entrepris avant la guerre - marché aux bestiaux de La Mouche (dont subsiste l'immense Halle Tony Garnier, avec sa structure sans poteau unique en Europe par ses dimensions), hôpital pavillonnaire de Grange-Blanche (aujourd'hui hôpital Edouard-Herriot), stade de Gerland -, Tony Garnier ne signera plus à Lyon qu'une réalisation d'envergure : le quartier des Etats-Unis (1919-1934). Et encore, malgré le soutien constant du maire de Lyon, Edouard Herriot, cette oeuvre ambitieuse sera-t-elle relativement éloignée de son projet initial.
Il y aura bien encore le central téléphonique Vaudrey (1919-1927), l'Ecole de tissage de la Croix-Rousse (1927-1933), le stade nautique de Gerland (1928-1929) et un certain nombre de réalisations industrielles ou institutionnelles hors de Lyon, comme l'Hôtel de Ville de Boulogne-Billancourt, mais, dans les années 1920, l'inspiration de Tony Garnier a soudain pris un tour funèbre. Il dessine le monument aux morts de l'île aux cygnes, dans le parc de la Tête-d'Or (1920-1930), celui de Montplaisir (1924), d'autres monuments commémoratifs, des tombes, tout en imaginant, à sa table de travail, des cités fantastiques et heureuses...
A la fin de sa carrière, entre deux projets futuristes (notamment une "Cité céleste"), il renoue avec des références antiques et méditerranéennes. C'est d'ailleurs au bord de la méditerranée, à La Bédoule, qu'il se retire et achève discrètement sa vie, en 1948.
Honoré par des académies étrangères (Grande-Bretagne, Union Sovétique, Uruguay, Etats-Unis...), auteur en 1925 du pavillon de Lyon et de Saint-Etienne à l'exposition des Arts décoratifs, salué comme un précurseur par beaucoup de ses confrères, sujet d'une rétrospective au centre Pompidou en 1990, Tony Garnier reste un inconnu célèbre, même s'il a sa rue à Lyon et si l'une de ses réalisations majeures, la grande halle de marché devenue lieu d'expositions et de spectacles, porte désormais son nom.
Car nul doute qu'il aurait pu acquérir de son vivant une plus grande notoriété internationale, en jouant le jeu de la communication, en multipliant articles, entretiens et ouvrages théoriques. Thony Garnier ne l'a pas fait. Par humilité ou par indifférence ?

H.M.
(Ici et Là, le magazine des pays de France)

La biographie et les oeuvres de Tony Garnier
Le musée urbain Tony Garnier
La Halle Tony Garnier (Le site officiel)
Tony Garnier, l'oeuvre Lyonnaise
Les célébrités nées dans le Rhône


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